
Georges Bisiaux, ancien chef de service de la DRESTIC, nous fait part de son expérience à la Région au service des TIC. Des années 70 à aujourd'hui, il est un témoin précieux de l'évolution des nouvelles technologies et de l'action régionale.
Pouvez-vous expliquer le contexte historique qui a fait naitre les TIC ?
G.B : la Région, comme vous le savez, a connu une crise économique et industrielle lourde dans les années 70. De nombreuses personnes, issues du bassin minier, des usines de textile ou de sidérurgie, se sont retrouvées sans emploi et face à une difficulté : la reconversion.
Ce besoin essentiel de formation en masse a amené l'utilisation des TIC par la Région au service des citoyens.
La Région a en effet cherché à innover et à trouver de nouveaux moyens pour former au mieux le personnel en reclassement professionnel. La Région, à l'aide des TIC, a décidé d'accompagner les organismes, les instituts de formation vers une amélioration de leurs outils, vers une pédagogie plus directe, efficiente et diffusable.
Les technologies d'hier n'étant pas aussi performantes qu'aujourd'hui, comment la Région s'est-elle positionnée par rapport au TIC durant toutes ses années ?
GB : Consciente des enjeux multimédias et pour faire face aux évolutions technologiques, la Région a commencé à employer les TIC dans les années 80 comme support technique au sein des CPER.
Avec l'objectif de créer une plateforme technologique régionale, les TIC étaient un des axes de la politique européenne régionale.
Le positionnement de la Région peut se résumer ainsi : « l'accessibilité à la société de la connaissance ». Permettre, c'est à dire sans imposer l'utilisation des outils numériques mais en les rendant accessibles et compréhensibles par tous.
Les TIC ne vivent pas de manière autonome mais sont bien « au service de... ». De l'aménagement du territoire à l'enseignement, les Tic interviennent comme accompagnateurs des changements et des innovations. (Voir les actions de la Région)
Quelle place tiennent les TIC au sein de l'institution régionale ?
G.B : A l' origine couplées avec les services de l'informatique, les TIC se sont ensuite rattachées à la direction de la communication, un détail qui montre bien la dimension « grand public » des outils numériques dans notre société au fil des années.
C'est aujourd'hui un service ayant une fonction transversale au sein des services régionaux.
Quel avenir pour les TIC ?
GB : en ce qui concerne l'action régionale, je crois qu'il faut garder en tête l'objectif de permettre l'accessibilité à la société de connaissance. C'est un véritable défi que de suivre les évolutions et les rendre compréhensibles par tous les citoyens.
D'une manière générale, il faut créer une sensibilisation et veiller à ce que ce crescendo technologique ne soit pas mal utilisé ou interprété.
Car, à l'aube du 4G, de la nano technologie, l'homme doit maîtriser la machine et veiller à ne pas se laisser dépasser par ses propres créations.