
Tous les cancers ne peuvent faire l’objet de mesures de prévention primaire efficaces. Il apparaît donc logique de compléter la prévention primaire par des mesures de prévention secondaire. Celles-ci visent à limiter les conséquences de la maladie en détectant des lésions précancéreuses ou en recherchant à poser le diagnostic de cancer à un stade précoce de la maladie : dépister à temps, un cancer peut être soigné efficacement. C’est la raison pour laquelle, le Plan Régional de Lutte contre les Cancers comporte un axe « Favoriser le dépistage ».
Le dépistage consiste à identifier à l’aide de tests dans une population asymptomatique (sans symptômes) les personnes « positives » qui seront soumises, dans un second temps, à des examens complémentaires en vue d’établir un diagnostic : c’est là qu’intervient la politique dédiée aux équipements sanitaires de diagnostic des cancers menée par la Région. On distingue des programmes de dépistages systématiques organisés (cancers du sein et colorectal) et le dépistage individuel (cancers de la prostate, du col de l’utérus), c'est-à-dire réalisé à l’initiative de la personne et/ou de son médecin.
Le diagnostic précoce vise à diagnostiquer précocement un cancer après la survenue des premiers symptômes de la maladie (cancers des VADS – cancers de la cavité buccale, du pharynx et du larynx). L’organisation des dépistages systématiques est assurée par une structure de gestion départementale (financement Etat/Assurance maladie). Dans le département du Nord, il s’agit de l’association ADCN, d’Opaline 62 dans le Pas-de-Calais.
Les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à bénéficier tous les deux ans d’une mammographie. Ce programme est destiné à garantir un égal accès au dépistage et à faire bénéficier chaque femme de la même garantie de qualité et de prise en charge. En 2008, en France, 52,5% de la population cible des femmes de 50 à 74 ans a participé à ce dépistage. Le Plan Cancer 2009-2013 vise un taux de participation en 2013 à plus de 65 %. Concernant le Pas de Calais : le taux de participation est de 51,6 % (données 2010) Concernant le Nord : le taux de participation est de 48,13 % (données 2010)
Le programme systématique organisé du dépistage colorectal est un test de détection de sang occulte dans les selles (Hémoccult®) tous les deux ans aux personnes âgées de 50 à 74 ans. Les principaux résultats publiés en 2009 concernant 22 départements pilotes évalués montrent une participation encore trop faible : le taux de participation moyen s’élève à 42 %. Le Plan Cancer 2009-2013 vise un taux de participation en 2013 à plus de 60 %. Concernant le Pas de Calais : le taux de participation est de 30 % (démarrage en mai 2008 – données 2010) Concernant le Nord : le taux de participation est de 31,9 % (données 2010)
Le test de dépistage de référence des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus est le frottis cervico-utérin recommandé chez les femmes de 25 à 65 ans : cela reste un dépistage individuel même si un programme pilote de dépistage organisé de ce cancer est également soutenu au niveau national. Chez l’homme, le cancer de la prostate peut être détecté par le dosage des PSA (Antigène Prostatique Spécifique) et un toucher rectal. Toutefois, les bénéfices attendus de la démarche de dépistage individuel ne sont pas clairement démontrés. La Haute Autorité de Santé (HAS) en 2004 recommandait qu’une information soit donnée au patient afin d’éclairer sa décision : information claire, objective et hiérarchisée.