Comme la plupart des régions françaises, le Nord-Pas de Calais connaît les premiers signes d'un déficit en matière de professionnels de santé. Ce déficit ne fera que s'accroître dans les prochaines années du fait :
Du fait d'une mauvaise anticipation de ces évolutions, le nombre de médecins formés ne sera pas à la hauteur des besoins : c'est le fameux "numerus clausus" que l'Etat décide annuellement et qu'il a fortement augmenté ces dernières années. Cependant, il faut 10 ans environ pour former un médecin et il y aura donc une pénurie relative de professionnels de santé.
Celle-ci va prochainement concerner, dans la région, plus spécifiquement certaines spécialités médicales, pour lesquelles les délais d'attente aux examens devraient s'allonger. C'est déjà le cas pour les médecins ophtalmologues qui sont un tiers de moins que dans le reste de la France ; ce le sera davantage demain, par exemple, pour les radiologues qui sont environ 20 % moins nombreux qu'ailleurs. De plus, certains territoires, souvent moins attractifs, connaissent actuellement des difficultés pour remplacer les médecins qui partent à la retraite. Cela risque d'être problématique pour les habitants concernés qui devront de plus en plus se déplacer pour pouvoir bénéficier de soins (Pays des sept vallées, Flandre Lys, sud du Hainaut notamment).
Même si l'Etat est le principal acteur compétent pour ces questions, la Région Nord-Pas de Calais a une ambition forte en matière de démographie médicale, dans le cadre d'une politique lisible et spécifique. Le Conseil régional a choisi d'avoir une action volontariste sur ce sujet majeur, en articulation avec les autres acteurs régionaux mobilisés sur le sujet (Direction régionale des affaires sanitaires et sociales, Union régionale des Caisses d'assurance maladie, Agence régionale de l'hospitalisation, facultés de médecine, Centre hospitalier régional universitaire de Lille,...).
La Région Nord-Pas de Calais s'emploie à mettre en place plusieurs solutions originales. Trois objectifs principaux structurent l'action régionale.
De façon expérimentale, s'ajoute également des actions visant à dégager davantage de temps médical pour les patients. En effet, à défaut d'avoir des professionnels de santé en nombre, l'objectif est de faire évoluer les pratiques et de "transférer" ou "déléguer" des actes exercés aujourd'hui par des médecins pour qu'ils le soient demain par d'autres professionnels de santé. Avec ses partenaires, la Région réfléchit activement à une expérimentation entre les médecins ophtalmologues, dont la région souffre fortement, et des orthoptistes. De plus, les effets seront plus rapides s'il faut former des professionnels de santé en deux ans que les seuls médecins sur 10 ans ! De même, mettre en place des systèmes de télé-expertise ou de télé-radiologie, c'est faire gagner du temps à tous et c'est éviter aux patients de devoir se déplacer !.
La mise en place par la Région de telles actions en faveur de la démographie médicale se réalise en parfaite cohérence et articulation avec les mesures prises par les autres acteurs régionaux mobilisés (Etat, assurance maladie, Agence régionale d'hospitalisation...). Elle porte sur des mesures adaptées au contexte régional et aux spécificités des territoires du Nord-Pas de Calais. En faisant des choix de ce type, le Conseil régional affirme une réelle volonté d'agir et de répondre aux besoins de la population.