En Europe, même si les effets du travail sur la santé sont difficiles à évaluer compte-tenu de la sous-déclaration importante des maladies et accidents professionnels, l'analyse des accidents professionnels, donne un taux compris entre 13 et 73 cas pour 1000 travailleurs par an. En ce qui concerne l'incidence des accidents de travail et la mortalité qu'ils induisent, le nombre total d'accidents de travail par an en Europe serait compris entre 5,2 et 29,2 millions, et ces accidents causeraient chaque année la mort de 6 400 à 55 600 personnes.
L'influence importante du travail sur la santé et le bien-être est une notion communément admise. Dans le cadre d'une enquête sur les conditions de travail réalisée dans l'Union européenne en l'an 2000, 60% des travailleurs (salariés ou indépendants) appartenant à des échantillons représentatifs, ont déclaré que le travail avait des effets négatifs sur leur santé (contre 57% en 1995). En majorité, ils attribuaient à leur travail des symptômes tels que le mal de dos (33%), le stress (28%), la fatigue générale (23%), les douleurs musculaires dans le cou et les épaules (23%) ou les bras et les jambes (17%), et enfin les maux de tête (13%). Près de 9% de ces personnes déclaraient avoir pris des congés de maladie au cours des 12 mois précédents.
En France et dans le Nord Pas de Calais, 62,8% des accidents avec arrêt de travail et 69,9% des accidents graves touchent les ouvriers (source : assurance maladie). La part des ouvriers, toutes activités confondues, atteint 31 % dans la région (25,6% en France). 3.9 % des salariés du secteur privé marchand de la région sont des intérimaires, plus de 50 % d'entre eux étant employés par l'industrie.
Les indices de fréquence des accidents du travail de la région sont supérieurs à ceux de la France. La progression des accidents graves y est plus forte (+ 22,3 % entre 2003 et 2005). Les accidents du travail mortels, qui avaient baissé de 25% entre 2000 et 2002, progressent à nouveau depuis 2003. Les accidents de trajet (3 854) ont été à l'origine de 10 décès en 2005.
Le nombre de maladies professionnelles reconnues est de 5 275 en 2005 (2 210 en 2002). 2/3 de ces maladies professionnelles concernent des salariés du secteur industriel (57,7 % en 2003 ; 67% en y ajoutant la construction). Les victimes de maladies professionnelles sont les ouvriers qualifiés de plus de 40 ans (80.2%), avec une proportion importante de salariés âgés de plus de 50 ans (47.3 %).
Le taux d'exposition aux risques varie selon le secteur d'activité. C'est la construction qui, dans l'ensemble, présente les taux d'exposition les plus élevés, mais dans l'industrie, ces taux demeurent très élevés et très nettement supérieurs à ceux du tertiaire. Pour les risques de type chimique, bruit et surtout cancérogène - mutagène - reprotoxique (dits "CMR"), la différence est très sensible. Cette situation désavantage la région dont la part de l'industrie dépasse de 3 points celle de la France.
De nos jours, il ne s'agit plus de la simple prévention des maladies et accidents professionnels, mais de la notion plus large de protection et de promotion générale de la santé au travail qui doit prendre en compte l'influence des déterminants professionnels, environnementaux et sociaux de la santé, ainsi que ceux relatifs au mode de vie.
Cette conception élargie de la protection et de la promotion de la santé dans le milieu professionnel, qui vise à la préservation de la santé et de l'aptitude au travail, est adoptée par de plus en plus de services de médecine professionnelle, d'entreprises et de municipalités. Ces services peuvent contribuer efficacement à l'amélioration de l'aptitude au travail des salariés, en encourageant l'aménagement ergonomique des lieux de travail, la préservation de conditions d'hygiène et de sécurité satisfaisantes en milieu professionnel, l'enseignement et la formation, l'évaluation des contraintes professionnelles et de la capacité fonctionnelle, le diagnostic médical, la réadaptation et le dépistage. Ainsi, 480 médecins du travail de la région ont assuré, en 2005, le suivi d'un peu plus de 1 million de salariés.
Consciente de l'intérêt d'agir de soutenir et de développer la démarche de santé au travail en Nord-Pas de Calais, le Conseil régional a décidé d'agir en la matière dans le cadre de son Plan régional santé environnement. Les axes stratégiques sont donc identiques mais se déclinent spécifiquement en santé travail pour :