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La haute figure du pharaon domine 3 000 ans d’histoire égyptienne. Cette exposition propose d'en faire la clé de lecture d'un extraordinaire panorama artistique et historique, montrant la richesse d'une des plus brillantes civilisations de l'Antiquité, l'Égypte du Nouvel Empire (vers 1550 –1069 avant J.C), période pour laquelle nous avons le plus de documents concernant l’institution pharaonique.L’Égypte ancienne doit à la royauté pharaonique son exceptionnelle stabilité et son originalité. Elle apparaît comme le plus vieil État de l’humanité. A sa tête un monarque, qui règne sans partage sur un immense territoire unifié. Le contraste est fort avec ses contemporains du Proche-Orient et de l’Afrique, où les cités états et les principautés côtoient des tribus et des chefferies.
Pharaon joue un rôle essentiel dans la pensée égyptienne, qui replace l'homme dans la marche de l'Univers. La société tout entière s'articule autour de la figure charismatique du souverain qui est l'héritier des dieux, l'intercesseur entre les mondes terrestre et divin. L’univers repose sur Pharaon, installé sur Terre par le dieu créateur pour repousser le mal et le chaos. Sphinx terrifiant, Grand prêtre du royaume, bâtisseur de monuments éternels, invincible guerrier, détenteur de la vérité et de la justice, ses images de propagande ont traversé les millénaires. Ce sont les mieux connues du public. Encore faut-il les expliquer. C’est ce à quoi s’attache l’exposition.
Fils des dieux, "dieu vivant", le pharaon n'en est pas moins homme et s'incarne en des individus. Les témoignages de l'archéologie, les documents privés et la littérature viennent fortement nuancer l'image officielle. Ils manifestent que le peuple d’Égypte abandonnait volontiers le respect véhiculé par l’idéologie dominante. On comprend sans peine que pour ses contemporains la réalité était plus prosaïque. Pharaon était l’un des leurs. Il pouvait perdre une guerre, être victime d'un complot et, outrage suprême, être privé de sépulture. Il en va de même pour la vie privée du souverain qui n'était pas exempte de soucis très humains.
Dieu ou chef d'état ? L’exposition dévoile la double nature du pharaon, l’opposition entre la fonction et la personne. C’est ainsi que le souverain instaurait l’harmonie entre les dieux et les hommes.Une institution pharaonique stable durant 3 000 ans
La civilisation pharaonique doit son exceptionnelle longévité à des facteurs politiques et religieux certes, mais aussi à l'unité de son territoire. C'est une longue oasis fertile bordant les rives du Nil qui coule entre les déserts arabique et libyque. Le fleuve y rythmait la vie. Chaque année, au mois de juillet, l'inondation submergeait la vallée, apportant une terre fertile. L’eau retenue et distribuée par un réseau complexe de canaux permettait de riches récoltes tout au long de l'année. Le Nil était source de vie pour une population essentiellement agricole, estimée à 4 à 5 millions d'habitants au Nouvel Empire. Le fleuve était aussi la plus importante voie de communication et garantissait la cohésion du pays.
L’exposition "Pharaon. Homme, roi, dieu" présentée au musée des Beaux-Arts se déploie au long de huit sections qui présentent les divers aspects de Pharaon.