> Joël Cléry, Roubaix Est
Joël Cléry, 42 ans, est chef de projet DSU de Roubaix-Est. Dans cette ville, "les moyens propres aux habitants", alloués par la Région, ont d'abord permis aux comités de quartier d'employer des permanents. Le FPH n'a été constitué qu'en 1996. Quatre fonds locaux fonctionnent depuis à Roubaix :
"Pour enrichir le paysage associatif local, le FPH est réservé en priorité aux groupes d'habitants informels avec l'objectif à terme de mobiliser de nouvelles forces militantes dans les associations existantes. Aussi, les associations ne sont pas mises à l'écart mais incitées à soutenir des projets d'habitants. De plus, les aides sont plafonnées à 3 000 Francs, histoire de décourager les "chasseurs de primes". Exemple-type : des voisins qui veulent faire une fête dans leur courée. Le FPH local est géré par un comité d'attribution, dont les membres sont élus pour un an.
A l'échelle de la ville, un autre comité est chargé du suivi et de l'évaluation du FPH. Il rassemble les chefs de projets, des représentants des comités d'attribution, de la Ville et des grandes associations.
Pour nous, chefs de projet, le FPH représente un gros travail. Dans la mesure où nous voulons en faire un vrai outil de citoyenneté, nous devons coller au plus près de la spontanéité des habitants. Pas question de rédiger le compte-rendu trois semaines après la réunion, par exemple. La tendance des nouveaux membres est de demander au chef de projet ce qu'il pense. Nous essayons de nous cantonner à des remarques techniques. Le plus difficile au début a été de conforter et garantir l'autonomie des participants ; ça va mieux désormais. Les résultats du FPH sont encourageants, qu'il s'agisse des effets sur les membres des comités ou des projets, dont certains connaissent des développements intéressants. Le FPH ne dit pas oui à tous les dossiers : ses membres se sentent vraiment investis d'une fonction".