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Discours du président

retour aux communiqués 2000

signature du contrat de Plan 2000-2006 le 27 octobre

27 octobre 2000

"Monsieur le premier ministre,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires et présidents,
Mesdames et Messieurs,

succédant à cette tribune à Roland Huguet et à Bernard Derosier, les présidents de nos Conseils généraux, je dois à mon tour vous remercier, Monsieur le premier ministre, d'avoir bien voulu par votre présence et, dans quelques instants, par votre signature, officialiser la démarche d'avenir que représente pour la région Nord-Pas de Calais ce contrat de Plan. Au-delà des engagements chiffrés de l'État et de la Région, ce sont plus de 30 milliards de francs de crédits publics, européens, nationaux, régionaux, départementaux et locaux qui seront mobilisés pour les années qui nous séparent de 2007.

Fruit d'une démarche de concertation conduite pendant plus d'un an en bonne intelligence avec Monsieur le préfet de Région et les services de l'État, l'élaboration de ce contrat de Plan a largement associé :

  • les Départements, les Communautés urbaines et l'ensemble des structures intercommunales,
  • le Conseil économique et social régional, les instances consulaires, et ceux qui, représentants syndicaux, économiques et associatifs, souhaitaient apporter leur contribution à ces propositions pour l'avenir du Nord-Pas de Calais.

D'emblée et volontairement, la Région s'est positionnée comme partenaire des territoires qui la composent, affirmant clairement que si l'histoire et la géographie les ont faits différents et inégaux en termes d'aménagement et de capacités actuelles de développement, l'avenir de la région ne peut se passer d'un destin positif pour chacun d'entre eux. Si notre taux de chômage est encore trop élevé , si l'exclusion sous ses différentes formes touche encore trop de nos concitoyens et si nos besoins en termes de logements ou d'infrastructures ne sauraient être ignorés, comment ne pas souligner, Monsieur le premier ministre, qu'avec ce contrat de Plan, le Nord-Pas de Calais veut tourner une page de son histoire, sortir de plus d'un quart de siècle de conversion, et s'engager résolument dans un avenir qui le fera considérer par la France comme un atout majeur dans la construction européenne. Chacune des orientations retenues nous positionnera mieux par rapport à cet enjeu :

  • Reconnue comme la première région d'accueil des investissements étrangers en France, le Nord-Pas de Calais veut développer son tissu de petites et moyennes entreprises, soutenir ses secteurs d'activité essentiels en signant avec chacun d'entre eux de réels contrats de développement à l'image de ce que nous venons de faire avec l'État pour le textile et l'habillement. Demain, l'agroalimentaire, la sous-traitance automobile et d'autres secteurs seront également concernés par cette démarche. Notre objectif est bien entendu l'emploi.
  • En faisant des nouvelles technologies l'un des thèmes les mieux dotés du contrat, nous avons choisi de nous inscrire résolument dans le XXIé siècle. Tous les secteurs d'activités, tous les services au public et tous les territoires seront progressivement adaptés et équipés.
  • Comme cela a été rappelé par les présidents des Conseils généraux, si nous pouvons être volontairement ambitieux c'est également parce que depuis 15 ans l'effort d'éducation et de formation a connu un développement considérable dans notre région.

Nous vous devons, Monsieur le premier ministre, les deux universités nouvelles et multipolaires qui, dans l'Artois et sur le littoral, permettent, avec celle de Valenciennes, le rattrapage de nos retards historiques en matière d'enseignement supérieur. Comment ne pas en outre, souligner que ces deux universités nouvelles sont également celles qui, en France, accueillent le plus grand nombre de boursiers donnant du sens au combat pour la démocratisation de l'enseignement supérieur. Mais qui dit université dit également recherche et en cette matière nos retards sont encore considérables en dépit d'avancées significatives depuis quelques années. Je ne pense pas qu'il faille nous en vouloir, Monsieur le premier ministre, d'avoir un moment cru que le synchrotron allait pouvoir être traduit en "chti" et que notre métropole allait pouvoir accueillir cet équipement international majeur. Les choix faits ne condamnent pas la crédibilité scientifique reconnue de notre dossier et les propositions nouvelles que nous transmettons au gouvernement méritent toute votre attention.

A la base du redressement du Nord-Pas de Calais se trouvent les efforts et les résultats obtenus dans le domaine de l'éducation où nous accusions autrefois des retards considérables par rapport au reste du pays, retards aujourd'hui comblés. Si un hommage particulier doit être rendu aux personnels de l'Éducation nationale, je dois également souligner en ce jour où vous avez, Monsieur le premier ministre, donné de nouvelles perspectives à la décentralisation, que c'est à celle-ci - largement impulsée par Pierre Mauroy - que nous devons en partie le rattrapage de nos retards. En effet, les Conseils généraux pour les collèges et le Conseil régional pour les lycées ont, depuis 1986 mobilisé des moyens qui, chaque année, ont multiplié par 4 ou 5 ceux que l'État attribuait au Nord-Pas de Calais sous couvert de la dotation de décentralisation. Après 15 ans d'un tel effort, même si tout n'est pas réglé, la qualité des réalisations mises au service de l'éducation commence à produire ses résultats et ce, grâce à un appel à la fiscalité régionale... compris je le pense par les parents dès qu'il s'agit de l'avenir de leurs enfants.

Ceux qui imaginent la décentralisation sans capacités fiscales données aux collectivités territoriales ne la faisant reposer que sur une dotation globale de l'État devraient méditer cette illustration ; ou alors faire reposer la dotation globale sur une gigantesque démarche de péréquation permettant à certaines régions de combler leurs retards. Pour ma part, je doute que celle-ci soit possible... Dans ces domaines je pourrai, Monsieur le premier ministre, vous parler également de santé ou de culture. Ne s'agit-il pas là des inégalités les plus criantes dont nous souffrons, comparés au reste de la France ? Même si une démarche de rattrapage est initiée depuis 3 ans, avec le concours en particulier de Martine Aubry et Jean Le Garrec, il n'est pas supportable que la durée de vie moyenne soit inférieure de plusieurs années dans notre région ; pas plus qu'il n'est acceptable que les dépenses culturelles d'État par tête d'habitant nous placent parmi les derniers rangs des régions françaises. Mais je me garderai de faire de ces quelques minutes une litanie pour ne souligner avant de terminer que quelques enjeux pour lesquels les toutes prochaines années vont être déterminantes.

Au-delà des crédits - importants - prévus dans le contrat de Plan, le choix très positif fait par votre gouvernement en faveur de la politique de la ville, attribue au Nord-Pas de Calais plus de 800 MF à travers les GPV et les opérations de rénovation urbaine, somme doublée par l'engagement supplémentaire du Conseil régional. Dans un tel contexte, le contrat de Plan prévoit la fin de la rénovation de l'habitat minier, étape que l'on pourra qualifier d'historique et dont les effets pourront être amplifiés dans le Bassin minier et au-delà de celui-ci, dans l'ensemble de la région si des structures comme la SOGINORPA pour l'immobilier, et FINORPA pour le financement de nouvelles activités trouvent rapidement des solutions conformes aux propositions transmises au gouvernement.

Au coeur de l'Europe, Monsieur le premier ministre, la région qui vous accueille aujourd'hui sera toujours une grande région de transit, de transport et de logistique. Si nous assumons ces choix à travers un système autoroutier développé que doit venir amplifier le désenclavement de la Sambre, ou par l'intermédiaire de la formidable révolution introduite par le Tunnel sous la Manche et le croisement du TGV positionnant Lille et la Métropole au coeur des trois capitales européennes que sont Paris, Londres et Bruxelles, l'avenir du Nord-Pas de Calais suppose que l'État prenne rapidement des positions claires sur quelques grands chantiers qui nous concernent directement mais qui sont de responsabilité nationale dans une stratégie européenne.

Tel est le cas de la liaison Seine-Nord et du choix du ferroutage pour assumer un rééquilibrage des trafics de fret qui saturent en particulier l'autoroute Lille-Paris. Tel est le cas aussi du destin de notre façade littorale où les ports de Calais, Dunkerque et Boulogne, pourraient s'intégrer à une vaste plate-forme europortuaire qui viendrait concurrencer Hambourg pour la 4é place des ports européens et qui pourrait conjuguer développement des activités, volonté de préserver la pêche et la transformation de ses produits et maintien d'un pavillon français sur le trafic transmanche. Dans le contrat de Plan, le choix est clair qui affirme la nécessaire priorité à la croissance des crédits pour le fluvial et le ferroviaire (en transport de personnes - il s'agit du développement du TER - et en fret).

C'est une option majeure qui confirme l'inscription du Nord-Pas de Calais dans une démarche de développement durable sachant que cette option fondamentale ne saurait se limiter à ces éléments puisqu'elle doit concerner l'ensemble des domaines du contrat de Plan faisant évoluer les modalités de conception, de prise de décision, de réalisation et d'évaluation. Parce que nous sommes farouchement favorables à la décentralisation, nous sommes de ceux qui souhaitent également voir l'État exercer la totalité de ses responsabilités. Cela suppose que, dans le Nord-Pas de Calais, les administrations d'État aient, en nombre suffisant, les fonctionnaires indispensables. Vous le savez, Monsieur le premier ministre, sur ce point les manques se chiffrent en milliers de postes, ce qui signifie qu'en termes de rattrapage, l'échéance suppose bien des années. De cette contrainte, nous sommes pleinement conscients, c'est donc surtout pour obtenir l'expression d'une ferme volonté de votre part que nous abordons cette question devant vous.

Monsieur le premier ministre, mesdames, messieurs, la signature officielle du contrat de Plan marque une étape décisive pour l'avenir du Nord -Pas de Calais, il appartient maintenant à l'ensemble des collectivités et des partenaires de le mettre en ouvre dans cette perspective. Je tiens à vous remercier, Monsieur le premier ministre, d'avoir accepté de marquer par votre présence l'importance et l'atout qu'il représente pour l'avenir du Nord-Pas de Calais."

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