Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, vous me permettrez, à l'issue de cette séance, de vous remercier de la manière dont vous y avez participé et de la manière dont les responsabilités ont été prises à l'issue de ce débat. Je pense que la première des préoccupations qu'il faut avoir lorsqu'on mène des réflexions comme un contrat de Plan, engageant la Région sur plusieurs années, c'est de savoir comment on sert au mieux les intérêts des habitants du Nord-Pas de Calais, et tout ce qui fait référence au combat pour l'emploi comme élément central de notre contrat de Plan, à l'attention que nous portons aux personnes humaines dans cette région, à la solidarité, me paraît essentiel.
La seconde préoccupation est de savoir si nous servons le mieux possible le destin et l'avenir de nos territoires ; nous savons que cette dimension a pris une importance considérable depuis quelques années, qu'elle se structurera de plus en plus dans la prochaine période - celle justement couverte par le contrat de Plan - et je pense que par rapport aux préoccupations territoriales, la manière dont a été préparé le Contrat de Plan a mieux répondu à une exigence tout a fait essentielle. La troisième est de savoir si, collectivement, nous permettrons au Nord-Pas de Calais, non pas d'oublier ce qu'est son histoire, ni ce que sont ses difficultés - et nous revendiquons de l'Etat un certain nombre de soutiens pour rattraper ces retards - mais de savoir aussi si nous sommes capables dans cette période, entre 2000 et 2006, de franchir le cap qui nous inscrira réellement dans l'avenir, cet avenir ayant eu partie pour objet de demeurer ou de renforcer la capacité du Nord-Pas de Calais au service de la France. Nous sommes une des principales régions françaises, nous avons un service à rendre à l'avenir de ce Pays, mais aussi - et cela fait partie du service à rendre à la France - de savoir si nous saurons que la dimension régionale, comme la dimension urbaine, prend de plus en plus d'importance.
Comme j'ai eu l'occasion de le dire dans les débats, personne ne fera notre avenir à notre place. Bien pire, ou plus encore, d'autres feront tout dans le contexte européen pour être positionnés mieux que nous, parce que la concurrence existe entre les territoires. C'est la raison pour laquelle je prends la dimension des résolutions que nous avons prises en matière d'infrastructures et d'insertion dans l'Europe, non plus d'infrastructures en terme strictement matériel, mais en terme d'une démarche de logistique, d'une démarche de valeur ajoutée, d'une démarche de développement, qui nous a fait choisir, c'est vrai, de donner priorité au rail par rapport à la route - ce qui, historiquement, n'avait jamais été fait de manière aussi claire que maintenant - mais aussi dans la dimension que nous avons voulu retenir en matière de mise en oeuvre des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Si nous prenons du retard dans ce domaine, nous aurions, je crois, beaucoup à regretter pour l'avenir du Nord-Pas de Calais. Voilà les éléments sur lesquels je souhaitais insister.
J'aurais bien sûr à dire par rapport à des déclarations, à des attitudes, à des comportements, mais je crois que je laisserai cela pour une date ultérieure. Cet aspect du débat politique, nous avons toujours l'occasion de le rencontrer. Il n'est pas nécessaire que je m'appesantisse sur cet aspect-là ce soir. Je dirai simplement, qu'il n'y a d'examen d'amendements possible que dès lors que ceux-ci sont déposés. Ce qui a été le cas aujourd'hui. Si je me réfère à ce que fut la dernière séance, les examens d'amendements auxquels nous avons procédé de manière, je crois, attentive et claire de la part de l'Exécutif, n'existaient pas lors de la séance précédente. Personne ne peut faire à la place d'autrui, le débat politique suppose que chacun prenne sa responsabilité.
Mais je suis content du stade où nous somme arrivés. Je ne crois pas que le fond du Contrat de Plan, les objectifs, les ambitions, la manière de le construire et de le présenter, aient été modifiés. Je ne crois pas non plus qu'il soit moins lisible, moins bien précisé, moins intéressant - parfois après les amendements acceptés - qu'avant. Je crois au contraire que s'ils ont été acceptés, c'est parce qu'ils amenaient les précisions, les engagements, que certains pouvaient souhaiter, amenant, je crois, à une convergence plus grande au service de la Région Nord-Pas de Calais. J'aurais pu la souhaiter plus grande encore... A l'impossible nul n'est tenu, surtout lorsque le partenaire ne le souhaite pas vraiment ! Je suis bien obligé de l'acter.
Nous avons fait la part la plus facile, qui était de construire le contrat de Plan et de le partager. Demain, chacun sera devant ses responsabilités - et collectivement, nous aurons à les assumer - qui seront de mettre en oeuvre ce contrat de Plan d'abord dans nos propres responsabilités, puis avec des partenaires, qu'il faudra sans cesse remotiver, avec des interlocuteurs qu'il faudra sans cesse interpeller. Je pense à l'Etat qui n'est pas au bout des contributions pour le Nord-Pas de Calais, hors Contrat de Plan bien entendu, mais aussi à des acteurs qui appartiennent à d'autres domaines que le champ strict des politiques et qui sont acteurs essentiels de l'avenir de cette Région - qu'il s'agisse des organisations syndicales, des partenaires associatifs, des partenaires économiques, des entreprises avec lesquelles nous avons à construire l'avenir de ce Nord-Pas de Calais. Cela, nous en serons comptables collectivement, à travers, non pas seulement la Commission permanente, qui aura à assurer un suivi strict, mais aussi à travers l'ensemble du travail de nos commissions.
Voilà ce que je souhaitais dire, en ayant un message particulier à l'égard des collectivités territoriales qui nous ont accompagnés dans ce débat et dans cette préparation, en particulier les deux Conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, qui, pour la première fois, ont été à ce point associés, de même les grandes collectivités territoriales.
Je dois remercier nos services du Cabinet, les services régionaux qui ont été largement présents dans la préparation, dans la réflexion, dans l'élaboration d'un certain nombre de précisions. Remercier le préfet de Région et le préfet du Pas-de-Calais, et à travers eux, les services de l'Etat. Nous aurons encore énormément besoin de leur mobilisation pour la poursuite et la mise en oeuvre. Enfin, vous remercier toute et tous de la manière dont vous avez accepté ce contrat de Plan. Nous aurons l'occasion de voir dans quelque temps de quelle manière il sera officialisé par l'acte de signature, dont je rappelle qu'y seront associés les présidents des Conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, de manière à veiller à ce symbolisme tout à fait nécessaire et utile. Je vous suggère que nous nous retrouvions à la fin du mois de juin. Les dates des 29 et 30 juin ont été esquissées, le 29 en particulier.
Je verrai les présidents de groupe pour voir de quelle manière nous pourrons construire cette prochaine séance plénière. J'aurais deux suggestions à faire, si elles sont compatibles et générales dans ce temps. La première pour reprendre ce que j'avais dit lors de l'ouverture de notre séance plénière de mars dernier, je souhaite que chacune des formations politiques au sein du Conseil régional puisse s'exprimer clairement sur ses ambitions en matière de décentralisation. Comme je l'avais dit, au moment où Pierre Mauroy préside une commission, à la demande du premier ministre Lionel Jospin, et à laquelle participe Marie-Christine Blandin, je ne crois pas qu'il faille laisser à d'autres, ou laisser à d'autres chemins, d'autres conseils, la seule responsabilité de présenter un certain nombre de propositions.
Je trouve que cela aurait "de l'allure" que le Conseil régional Nord-Pas de Calais, dans la divergence et dans le respect de la divergence des points de vue des organisations politiques, exprime son ambition en matière de décentralisation, sa conception en matière de construction d'une France décentralisée dans les rapports auxà l'Europe et dans les rapports aux citoyens. Nous avons beaucoup de choses à dire, partant de notre expérience de la Région Nord-Pas de Calais. Certains avaient envisagé que cette séance puisse se tenir au mois de septembre, mais comme Pierre Mauroy a fixé le mois d'octobre comme étant une échéance essentielle à ces travaux, je crois qu'il vaut mieux le faire avant les vacances si on veut que l'intégralité de nos débats - puisqu'il n'y aura pas recherche d'un consensus, il s'agit là d'engagements et d'options politiques fondamentales - soit transmise à Pierre Mauroy, aux membres de sa commission et au gouvernement bien entendu. Cela pourrait occuper - dans un débat qui pourrait prendre deux heures, laissant à chaque formation politique le temps d'intervenir - une partie de notre rendez-vous du mois de juin.
La seconde partie, parce que j'ai entendu et que je partage un certain nombre de préoccupations, si René Vandierendonck en était d'accord, et si nous étions prêts, pourrait être consacrée à un débat sur la Politique de la Ville, pour lequel nous demanderions à Monsieur le préfet de Région de venir présenter ce qu'est la position de l'Etat, et pour lequel René Vandierendonck pourrait, au nom de l'exécutif, présenter ce qu'est notre proposition, notre démarche. Même si tout n'est pas réglé à cette date-là, c'est bien qu'on fasse le point entre nous sur nos interpellations.
Je rappelle aussi que c'est à la séance de juin que nous aurons, de la part de M. le préfet de Région, la présentation du rapport d'activités des services de l'Etat dans la région. Nous aurions là, je crois, une séance plénière, à la veille de la période d'été, qui compléterait très utilement ce que nous venons de faire avec le Contrat de plan et qui permettrait de conforter et de réaffirmer un certain nombre de convictions fondamentales.
Mes chers collègues, si vous en êtes d'accord, je réunirai donc les présidents de groupes pour, sur cette base, travailler le détail du déroulement de cette séance plénière. Pour aujourd'hui, je vous remercie de votre participation. J'ai rarement rêvé d'un anniversaire avec autant de compagnons de réjouissance, et sincèrement, quand j'imaginais le cadeau que vous pourriez m'offrir au-delà des gestes que certains d'entre vous ont tenu à faire, celui que vous venez de faire en cette fin de Conseil régional me va droit au coeur. Je vous en remercie très chaleureusement.