La question qui se pose aujourd'hui aux collectivités locales n'est plus de savoir s'il faut ou non s'engager dans le développement de la Société de l'information, mais plutôt d'identifier comment s'y engager, de telle sorte que les TIC profitent au maximum du développement régional sur le plan économique, social et culturel. Le séminaire porte bien son titre : "les collectivités locales à l'heure des choix". Ainsi, au sein de la région Nord-Pas de Calais, quatre projets de Villes numériques ont été soutenus dans le cadre du FEDER. Il s'agit des villes de Valenciennes, Gravelines, Fâches-Thumesnil et Lambersart. Un autre projet est en cours de démarrage porté par la ville de Liévin. Au-delà de ces projets pilotes, de nombreuses collectivités ont entamé une réflexion dans ce domaine, que cela soit en zone urbaine, comme par exemple à Maubeuge, ou en zone rurale, à l'échelle d'une communauté de communes comme celle de l'ATREBATIE.
Ces choix sont complexes et multiples :
Dans cet univers instable et changeant, il faut reconnaître que les collectivités locales ont du mal à identifier de nouveaux repères. Un séminaire tel que celui-ci est une excellente opportunité de faire le point et de mieux informer ceux qui, élus et techniciens territoriaux, sont amenés à effectuer des préconisations et des choix.
Quels peuvent être les moteurs au niveau local d'un projet de Ville numérique ?
Quelle est la place des infrastructures dans un tel projet qui vise essentiellement au développement de services ?
Comment mobiliser l'ensemble de la population et des acteurs locaux ?
Quelle marge de manoeuvre pour les collectivités dans un environnement technique et juridique encore non stabilisé ?...
Telles peuvent être les questions auxquelles ce séminaires tentera d'apporter des réponses. C'est la raison pour laquelle le Conseil régional a saisi la demande de la Mission ECOTER et accepté d'apporter son soutien et son expertise dans la réalisation de ce séminaire.
Cette initiative intervient d'ailleurs à point nommé en ce qui concerne au moins sa partie technologique, car la Commission permanente du Conseil régional a décidé le 6 décembre 1999 de lancer une étude sur le développement du haut débit dans la région. En effet, le développement accéléré de la Société de l'information exige aujourd'hui la mise à disposition pour les secteurs public et privé de réseaux et de services de télécommunication haut débit à des coûts accessibles pour tous. Ce développement touche à des secteurs qui concernent des compétences de la Région : formation initiale, formation permanente, recherche, aménagement du territoire, développement économique, culture,... Dans ces différents domaines, les besoins en débit vont en s'accroissant, ce qui nécessite d'adapter les réseaux et de les dimensionner en tenant compte de cette évolution des besoins. Par ailleurs, une approche globale du développement des services intégrant chaque domaine d'application, est nécessaire afin d'éviter les redondances et les déséquilibres, et de faciliter les économies d'échelle. L'objectif est, compte tenu de la présence de nombreux opérateurs de télécommunication dans le Nord-Pas de Calais, de définir un cahier des charges commun aux collectivités territoriales de la région et de le proposer aux opérateurs afin de bénéficier sur l'ensemble du territoire régional de services haut débit à des prix attractifs. Accompagné par le Conseil régional, le littoral a adopté un positionnement identique à travers une étude qui vient de se conclure.
Mais cette initiative n'est pas la seule. Elle s'inscrit dans la politique régionale sur la Société de l'information initiée par le Conseil régional en 1995 à travers IRISI (Initiative inter-régionale sur la société de l'information) et amplifiée en 1998 : "Nord-Pas de Calais, la région numérique". L'objectif est clair : faire du Nord-Pas de Calais une région leader en Europe dans le domaine des TIC d'ici 2006 et pour ce faire, provoquer un changement d'échelle en accélérant le développement des TIC à tous les niveaux dans la région : formation initiale et permanente, développement économique, transports, services publics, tourisme, culture, santé, insertion des plus défavorisés.
Des actions lourdes ont déjà été engagés en ce sens depuis 1998, en particulier :
Pour créer cet effet de levier, le Conseil régional a saisi l'opportunité du CPER en proposant à l'Etat un volet spécifique sur les TIC couvrant ces différents domaines. L'investissement de l'Etat serait de 378 MF, celui du Conseil régional de 280 MF, ce qui permettrait de générer, tous partenaires confondus dont l'Union Européenne, un investissement d'1 Md F à 1,2 Md F. L'enjeu pour le Nord-Pas de Calais n'est pas seulement un enjeu de diversification économique et de création d'emplois, c'est aussi et surtout un enjeu culturel, un enjeu réel de civilisation pour ses habitants, un enjeu humain qui permettra à notre région de se développer pleinement et harmonieusement dans le 3ème millénaire. Pour relever ce défi, le travail à accomplir est considérable, mais notre détermination est sans faille."