La venue de Jörg Haider en tant que gouverneur du Land de Carinthie à la 33ème session du Comité des Régions de l'Union européenne, qui se déroulait les 12 et 13 avril à Bruxelles, ne pouvait être tolérée sans mot dire. Elle devait même être clairement dénoncée et il était de notre devoir, en tant que représentants d'un pays, la France, dont son premier ministre a fermement dénoncé la présence du FPÖ; au sein du gouvernement autrichien devant la représentation nationale, d'empêcher la banalisation de "l'entrée en légitimité" de J. Haider, au sein de l'Union européenne. Le matin du 12 avril, en plus de notre demande auprès de Jos Chabert, président du Comité des Régions, de changer l'ordre du jour, le Parti socialiste européen (PSE), qui représente la formation la plus importante au sein de cette jeune institution, avait exigé la démission de J. Haider.
Cette initiative de l'ensemble des forces de la gauche européenne fut marquée, entre autres, par l'intervention de Michel Delebarre rappelant solennellement que le Comité des Régions ne pouvait accueillir un homme politique dont la formation d'extrême-droite siège au gouvernement autrichien grâce au concours d'un chancelier de droite, et qui se défend en attaquant le Président de la République française et le Premier Ministre, Lionel Jospin, et par l'action symbolique de Marc Bellet interpellant Haider avec la bande dessinée anti nazie d'Art Spiegelman, "Maus". Ces initiatives, malgré la complaisance majoritaire du PPE, formation de droite, ont conduit Haider à interrompre sa conférence de presse et à s'esquiver par une porte dérobée. Contrairement à ses allégations narquoises, le leader d'extrême-droite n'a fait que passer quelques instants au Comité des Régions.
Nous nous en félicitons et entendons bien continuer à revendiquer la démission de Haider du Comité. Nous poursuivrons ainsi notre solidarité active avec le peuple autrichien qui refuse la présence de ce parti d'extrême-droite tant au gouvernement de son pays que dans les instances européennes.Ne pas réagir avec fermeté à l'arrogance de ce personnage d'extrême-droite, dangereux pour les démocraties en Europe, reviendrait à encourager la politique ultra libérale du gouvernement de coalition autrichien qui servirait bien des hommes politiques en Europe, y compris en France. Il faut s'opposer à ceux qui cherchent à banaliser la présence de l'extrême-droite autrichienne dans les instances de l'Union européenne, avant la présidence française. C'est la raison pour laquelle nous continuerons à mener inlassablement cette bataille pour convaincre les forces de gauche et de progrès, de construire une Europe, fondée sur les droits démocratiques sociaux, économiques et politiques, par et pour les citoyens français pour ce qui nous concerne, et également, par et pour les citoyens européens à travers l'ensemble des pays qui participent déjà ou qui aspirent à la démarche européenne.
| Marc Bellet, membre du CDR, président du groupe communiste au Conseil régional Basse-Normandie |
Michel Delebarre, membre du CDR, ancien ministre d'Etat, président du Conseil régional Nord-Pas de Calais |