Intervention de Michel Delebarre devant les Chambres de métiers franco-allemandes
Venir dans le Nord-Pas de Calais, c'est venir dans une région européenne, ouverte aux échanges, tournée vers le partenariat et la solidarité dans le cadre de ses relations internationales. Ces termes sont inscrits dans notre culture, dans notre tradition d'ouverture, et dans la volonté politique des collectivités territoriales au premier rang desquelles la Région.
- Premier constat : venir parler de l'artisanat, quelque soient les différences de définition qui existent entre les deux pays, la France et l'Allemagne, c'est venir parler de développement économique. L'artisanat n'est pas tourné vers le passé. Il a cette qualité de savoir allier tradition et modernisme, travail manuel et technologies nouvelles, compétences et autonomie des salariés. Il n'y a pas de hiérarchie pesante dans l'artisanat, leur structure légère pousse à la prise de responsabilité. On sait faire face aux évolutions qui conditionnent la compétitivité: les nouvelles technologies de la communication, Internet, la qualité de la certification, le développement technologique, les relations avec les universités... En bref, face à ces questions, nul ne peut douter que l'artisanat participe pleinement à l'évolution économique, qu'il n'est pas à la traîne.
- Deuxième constat : parler de l'artisanat, c'est aussi aborder les questions d'emploi, d'insertion, de formation des jeunes. Ces préoccupations conditionnent l'avenir de nos démocraties, et celui de la construction européenne. On ne pourra vivre durablement, dans une société en paix, respectueuse de ses règles collectives avec des taux de chômage durablement supérieurs à 10 %, avec les difficultés d'insertion des jeunes que nous connaissons, avec la précarité qui s'installe ou qui se pérennise. Le rôle de l'artisanat est là encore déterminant.
- Troisième constat : parler de l'artisanat, c'est toucher la question de la création d'entreprise. L'artisanat en France, et dans le Nord-Pas de Calais, représente 1/3 des créations d'entreprises, mouvement qu'il faut entretenir en permanence pour renouveler le tissu économique, développer la création d'emploi : nous avons, quelque soit l'importance de ce qui est fait dans ce domaine à parfaire nos outils, accroître la cohérence des dispositifs d'appui qui existent dans chacun de nos territoires, mieux accompagner et former la création d'entreprises en amont, et après la création.
- Quatrième constat : parler de l'artisanat, c'est aussi reconnaître sa contribution à l'aménagement de territoire, à la survie d'un certain nombre de territoires ruraux. Mieux identifier, avec les acteurs locaux, les champs de développement de nouvelles activités, combler les lacunes du tissu de services qui accompagnent la vie collective est une priorité.
Quelques perspectives, liées à l'idée de partenariat
Il convient de reconnaître l'importance de constuire, en liaison étroite avec les organisations professionnelles, avec les Chambres des Métiers, les programmes d'actions qui croisent ces objectifs. Le Conseil régional, avec elles, est déjà présent sur chacun de ces thèmes dans l'apprentissage, puisque cela entre dans les compétences de la Région, mais également sur l'ensemble des autres champs. Il faut aller plus loin, dans la co-construction des programmes d'actions permettant l'implication des entreprises artisanales dans les politiques de développement local, de développement rural.
Favoriser une meilleure prise en compte des initiatives locales et l'émergence de nouveaux services, renforcer la pertinence des parcours d'insertion sont des axes qui figurent parmi nos priorités. Aider le monde artisanal à s'inscrire pleinement dans la construction europeenne, trouver les lieux où de nouvelles formes de coopération peuvent s'y construire, variable en fonction des différentes activités qu'il regroupe est un nouvel impératif auquel la région peut participer, comme elle a su le faire dans le passé au travers des expériences des BDTE avec la Wallonie et le Kent.
La construction européenne ne se limite pas à la construction de la monnaie unique, elle passe par des rencontres, des liens humains, des nouveaux rapports inwstitutionnels, auxquels le conseil régional est naturellement prêt à s'associer. Dans ce cadre, le couple franco-allemand est un enjeu capital. Qui mieux que la Région Nord-Pas de Calais peut comprendre le fantastique espoir de l'Europe puisqu'à l'horizon des six prochains mois, nous souhaitons être une des toutes premières régions d'Europe.