Ecofilm - Festival international du film d'environnement
édito de Michel Delebarre
"En avant première aux Assises nationales de l'éducation à l'environnement qui se tiendront à Lille en février 2000, la projection de films illustrant les multiples visages de l'environnement dans le monde offre une occasion privilégiée de sensibilisation. Par la diversité de sa programmation, Ecofilm ouvre largement l'horizon... vers l'aile de papillon et vers le cyclone qu'elle déclenche, à l'autre bout de la terre... Il contribue ainsi à mieux appréhender la complexité des phénomènes environnementaux et l'impact des activités humaines.
Associé, cette année, à la remise des Trophées à l'environnement, ce festival montre aussi comment les plus sensibilisés agissent, en région Nord-Pas de Calais, pour maîtriser notre développement et le rendre "soutenable". Ils méritent notre reconnaissance. Rendez-vous de l'art, de la réflexion et de l'action environnementales, Ecofilm ouvre à la citoyenneté. Je lui souhaite un large public !"
» Voir le site "Ecofilm"
quelques extraits vidéo du palmarès 1999
Prix du jury : "Vingt ans avec les chimpanzés"
d'Isabelle Roumeguère
Ce film traite de la sauvegarde des chimpanzés en Guinée et en Gambie, grand combat mené par Janis Carter depuis une vingtaine d'années. A travers Janis, nous vivrons une aventure extraordinaire en la suivant jour après jour dans sa passion et nous tenterons de comprendre sa stratégie de protection des chimpanzés. Janis Carter s'est ainsi installée en Guinée où elle mettra en place un programme de recensement des chimpanzés. Elle veut mobiliser la population locale afin de sensibiliser les Guinéens à la sauvegarde des chimpanzés en voie d'extinction.
Prix spécial du jury : "Un enclos"
de Sylvaine Dampierre
production : Play Film - 75' - France
Le centre pénitentiaire de Rennes est une prison pour femmes au coeur de la ville. Ce bâtiment ancien comporte à l'intérieur de ses murs un vrai jardin. Il est ouvert aux prisonnières sous la responsabilité de l'aumônier. Ce jardin modeste permet une pause dans la contrainte. Le film s'ancre au jardin pour filmer la prison dans ses failles, l'univers carcéral à partir de ses vides, et parce que la rencontre et l'échange y sont possibles. Les femmes de Rennes disent du jardin qu'il est "le seul lieu dans la prison où l'on ne se sent pas en prison".
Mention spéciale : "Willing to sacrifice"
RAO B.V.P.
production : B. Dayaker RAO - 25' - Inde
C'est l'histoire d'un individu et de sa communauté qui croient à la protection de leur environnement. Cette secte vieille de 500 ans, dont le fondateur est Sant Jambeshwer, suit deux principes, parmi d'autres : ne pas couper les arbres verts et ne pas tuer la faune et la flore qui les entourent. Au-delà des textes religieux favorables à l'environnement, ce qui est unique à propos de la communauté Bishnoi, c'est qu'ils mettent en pratique ces principes de protection de l'environnement à tel point que, parfois, ils sont prêts à sacrifier leurs propres vies.
Prix Agenda 21(fiction et court-métrage) : "Embracing the tree"
de Lucia Rikaki
production : Orami Films - 7' - Grèce
La relation entre le corps humain et les formes de la nature, tout particulièrement les formes des arbres, a conduit au concept du film "Etreindre l'arbre". Cette idée a été inspirée par un événement qui a réellement eu lieu en Inde. Voulant empêcher la coupe d'arbres de leur région menacés par la construction d'un nouveau projet immobilier, les autochtones se sont rendus sur place et ont enlacé les arbres, restant dans cette position pendant des jours jusqu'à ce que le gouvernement se décide enfin à négocier.
Prix du film d'animation : "The man who saved the earth"
d'A. Benice
production : A. Benice
Un homme était en train de se reposer et boire, quelque part. Soudain, il sursauta bruyamment. La croûte de la Terre s'ouvrait. La fissure s'élargit de plus en plus et se rapprocha de lui. Tout d'abord il en fut terrifié. Puis il essaya d'empêcher la fissure de grandir et finalement il y parvint. Mais alors il comprit qu'il était seul et qu'il n'y avait personne pour l'aider.
Prix de la meilleure enquête : "La fièvre du plastique"
de Sénéfa Coulibaly
production : Télévision nationale du Burkina Faso
Depuis quelques années, le plastique occupe une place de choix dans la vie des burkinabés, ruraux et urbains. Jadis très peu concurrentiel face au cuir, bois, poterie ou porcelaine et autre verrerie, l'usage du plastique est devenu financiérement intéressant. Des raisons économiques et pratiques expliquent la montée de cette fièvre du plastique. Les sachets sont les plus utilisés : ils servent à emballer boissons (eau, jus de fruit, etc.), condiments, médicaments, etc. Cependant, la matière plastique est non-biodégradable...
Prix du développement durable en milieu rural, remis par le ministère de l'agriculture et de la pêche : "L'erreur boréale"
de Richard Desjardins
production : Office national du Canada
Essai critique sur la foresterie boréale au Québec. Alors que le discours officiel nous assure, logiciel à l'appui, que le patrimoine forestier demeure et demeurera intact, alors que le silence et l'ignorance règnent sur notre univers forestier, nous nous demandons, intuitions à l'appui, si un schéma de liquidation de la resosurce ne serait pas en cours de réalisation.
Présenté hors-concours lors de la soirée d'ouverture : "Charbons ardents"
de Jean-Michel Carré
production : les Films du Grain de Sable
En avril 1994, les mineurs de Tower Colliery, propriété de la British Coal, au pays de Galles, votent la fermeture de leur mine comme beaucoup d'autres. Mais leurs dirigeaents syndicaux refusent d'accepter cette défaite et réussissent à convaincre les mineurs de racheter "leur mine" en réinvestissant leurs indemnités de licenciement. Depuis maintenant quatre ans, ces travailleurs sont actionnaires, emplyés et dirigeants de leur entreprise organisée en coopérative. Résultat : la mine n'a jamais été aussi rentable, l'absentéisme aussi faible et la sécurité aussi privilégiée. Une telle réussite peut elle rester compatible avec l'idéal des mineurs ? Lutte contre la pauvreté, promotion d'un modèle viable de développement, prise de conscience citoyenne, autant de points liés au développement durable.
